Partager l'article ! L'Ornithorynque Concupiscent aime généralement le sport: L'ornithorynque concupiscent, celui que je recherche assidûme ...
Compte-rendu de la Finale de la Coupe de France
Parce que le football n’exclut pas la grâce…
A l’issue de 107 minutes d’un suspense haletant, La Vache Souriante évinçait l’austère Bœuf Charolais d’un 4-2 magistral et sans appel en demi-finale. Cette victoire fromagère ouvrait la voie à une finale 100% alimentaire au royaume de la cochonnaille. Compte-rendu.
Par une Ornithorynque à la recherche d'un Ornithorynque aussi Concupiscent qu'elle, envoyée spéciale en territoire gourmand pour les fines bouches de l’Equipe Magazine.
Compte-rendu du match
Ce 15 avril au stade du Gerland à Lyon, l’emblématique cité de la charcuterie accueillait l’inimitable Vache Qui Rit et son rival de toujours Cochonou pour la finale de la Coupe de France.
Les Aostiens, après leurs nombreux revers l’année dernière, semblent finir cette saison au paroxysme de l’efficacité qui fit la gloire de leurs débuts (le sibyllin 3-0 contre Ajax en 2003, ou l’efficace 3-1 contre les clermontois Michelin®). Leur victoire n’était pourtant pas évidente de prime-abord et les performances bovines n’ont pas manqué de mettre l’eau à la bouche des carnivores en liesse.
Avantage Vache Qui Rit
L’arbitre fait retentir son sifflet et les deux équipes, pieds en équerre, postérieur en avant, épaules en arrière, se toisent. Dès le coup d’envoi, le visage porcin de l’attaquant Cochonou se crispe, il fonce sur la balle et d’un saut de chat habile évite la pointe droite et déterminée de son opposant à mamelles. Il s’empare du ballon mais la satisfaction ne dure pas car le défenseur encorné se rue sur lui, pas-de-bourrée, et intercepte la balle. L’équipe de bovidés la conservera pendant les quarante-cinq minutes que durera la première mi-temps jusqu’à ce que, profitant d’un moment d’inattention chez l’adversaire, l’avant-centre Cochonou ne récupère le ballon à 12 secondes du changement de côté.
Seconde mi-temps, balle au centre et un rond de jambes suffit à l’attaquant de la vache joyeuse pour prendre l’avantage. De piqué, plié, pas courus et grands battements en glissés, fouettés puis fondus, les bovins le conservent pendant vingt minutes ininterrompues et marquent leur premier but à la soixante-quatrième minute.
Le réveil des porcs
L’incontestable supériorité des ruminants sur leur pelouse mine le moral des porcophiles, bientôt rendus à la défaite de leurs favoris.
Soudain, alors que personne dans les tribunes ne s’y attendait plus, que les cochons semblaient promis à l’abattoir médiatique et que les Vache Qui rit, toutes mamelles sorties savouraient leur avance, la situation s’inverse. Le deuxième petit cochon, semelles fraîchement colophanées amorce un enchaînement inattendu : se lève sur demi-pointes, arabesque, battement tendu, s’élance en entrechats sur sa diagonale droite et fini par emporter la balle. Drible pédestre, avancée volontaire du côté de l’adversaire, pointe, cou-de-pied, et tiiiiiiiiire. Premier but pour les Cochonou qui, à vingt-trois minutes de la fin, égalisent.
Ostensiblement ragaillardi, l’éleveur porcin rappelle son arrière-gauche et le remplace par le mexicain fraîchement transféré dans le club. Déchaîné, le mexicain, Gripe de son prénom, multiplie les passements de jambes et par un harmonieux tiré-pointé rentre le deuxième but à la soixante-seizième minute. L’admirable manœuvre lui vaut les applaudissements déchaînés de la foule, tous côtés confondus. Le public s’accorde au-delà des partis-pris et le sport redevient l’activité noblement fédératrice qu’elle était jadis.
L’allegro final
L’embellie est cependant de courte durée. Gripe négocie une passe à Bridou qui ne perd pas une seconde pour buter et honorer par là son fameux titre de buteur 2009 (L’Equipe, Février 2009). Des hooligans cochonesques en profitent alors pour sortir de leur léthargie et entreprennent de démonter les gradins bovins. Le troisième but des Cochonou est amoindri par cette déferlante de violence dans les tribunes et la finale s’achève sur une descente de CRS.
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